Le dossier

Le terrible two, et pourquoi vous n'y êtes pour rien.

Ce qu'est vraiment le terrible two, combien de temps une crise dure réellement — et quoi faire quand elle éclate au milieu du supermarché.

Le terrible two : pourquoi ça arrive et comment le traverser
En bref

Le terrible two n'est ni une maladie, ni un défaut d'éducation. C'est un enfant qui vient de découvrir qu'il a une volonté, et qui n'a encore ni les mots ni les freins pour la porter.

  • Le nom est trompeur : les crises culminent plutôt vers trois ans.
  • Une crise dure en général moins d'une minute. Les trois quarts font moins de cinq minutes.
  • La colère retombe toute seule. C'est le chagrin dessous qui a besoin de vous.
  • Et non, votre enfant ne vous manipule pas. Il n'en est pas encore capable.

Il est 19 h. Vous avez dit non à un yaourt, et votre enfant hurle par terre depuis quatre minutes. Vous ne savez plus si vous devez le prendre dans vos bras, l'ignorer, ou sortir de la pièce.

Commençons par ce qui compte le plus : ce n'est pas vous. Ce n'est pas votre fermeté, votre douceur, ni ce que vous avez fait ce matin.

C'est un âge, celui du fameux terrible two, et il a une mécanique qu'on connaît assez bien pour vous éviter quelques mois d'épuisement inutile.

Le terrible two, c'est quoi

D'abord, une chose qui rassure : le terrible two n'existe dans aucun manuel médical. Ce n'est pas un diagnostic, pas un trouble, pas une étape officielle. C'est une expression de parents, née de l'expérience commune, qui décrit une période et non un problème.

Cette période, c'est celle où un tout-petit se met à dire non, à refuser de s'habiller, à se jeter au sol pour un biscuit, à vouloir mettre ses chaussures seul puis à hurler parce qu'il n'y arrive pas.

C'est presque universel. Une étude portant sur près de 1 500 enfants d'âge préscolaire a trouvé que 83,7 % d'entre eux font des crises. Autrement dit : si votre enfant en fait, il est dans la norme. Si le vôtre n'en fait pas, il est dans la minorité.

Et deux idées à écarter tout de suite, parce qu'elles font beaucoup de dégâts.

Votre enfant ne vous manipule pas. Manipuler suppose d'anticiper l'effet d'un comportement sur l'état mental de quelqu'un d'autre — une capacité qui n'est pas encore installée à cet âge. Ce que vous voyez n'est pas une stratégie, c'est un débordement.

Et il ne « fait pas exprès ». Il ne choisit pas de ne pas se calmer. À deux ans, les freins qui permettent de retenir une émotion sont en cours de construction, comme le langage ou la marche l'ont été avant. On ne demande pas à un enfant de courir avant qu'il tienne debout : c'est la même chose ici. Notre pilier explique ce mécanisme chez l'adulte, où il reste d'ailleurs imparfait : gérer ses émotions.

Pourquoi le terrible two arrive vers deux ans

Une bascule se produit autour de dix-huit mois. L'enfant comprend qu'il est une personne distincte de vous, avec ses envies propres. C'est une immense nouvelle pour lui — et le début des ennuis pour tout le monde.

Parce qu'il veut, mais il ne peut pas encore. Il veut ouvrir la porte, verser l'eau, choisir son pull, décider de l'heure du bain. Ses mains n'y arrivent pas, ses mots ne suffisent pas, et personne ne lui demande son avis. L'écart entre ce qu'il désire et ce dont il est capable est à son maximum.

Et le langage est en retard sur l'intention. À deux ans, on a des dizaines de mots et des centaines d'envies. Ce qui ne peut pas se dire sort autrement — par le corps, par le cri, par le sol.

C'est pour ça que la même journée peut contenir dix crises et aucune règle claire : ce n'est pas le contenu de vos refus qui déclenche, c'est la frustration elle-même, quel qu'en soit le motif.

Maintenant, le détail que personne ne vous dit : le terme est mal nommé. Dans une étude portant sur 335 enfants de dix-huit à soixante mois, les crises concernaient 87 % des enfants entre dix-huit et vingt-quatre mois — puis 91 % entre trente et trente-six mois. Le sommet n'est pas à deux ans. Il est plutôt vers trois.

Et la chute qui suit est nette : entre quarante-deux et quarante-huit mois, on tombe à 59 %.

Si votre enfant a trois ans passés et que rien ne s'est calmé, vous n'avez donc rien raté. Vous êtes simplement au moment le plus dense, celui que le nom de cette période vous avait fait croire derrière vous.

Quand le terrible two vous épuise

On parle beaucoup de l'enfant. On parle peu de ce que ça fait de vivre à côté, tous les jours, pendant deux ans.

La fatigue de répéter. Ce n'est pas une crise qui épuise, c'est la trois-centième. Chacune est gérable ; c'est l'accumulation qui use, et elle arrive rarement au meilleur moment de votre journée.

Le regard des autres. Le supermarché, le repas de famille, la sortie de crèche. Ce n'est pas la crise qui est difficile à ce moment-là, c'est d'être regardé pendant. Et l'idée, fausse mais tenace, qu'un enfant qui hurle en public dit quelque chose de ses parents.

La culpabilité d'avoir crié. Vous vous étiez promis de ne pas le faire. Vous l'avez fait quand même, un soir de trop, et vous y repensez encore. Ça n'a rien d'exceptionnel : c'est même ce que rapportent la plupart des parents à qui l'on pose la question honnêtement. Se le pardonner n'est pas de la complaisance, c'est ce qui permet de recommencer autrement demain — nous en parlons dans l'autocompassion.

Et la solitude. On n'ose pas dire qu'on n'en peut plus de son propre enfant. On craint d'être jugé, ou de s'entendre répondre que ça passe vite. Alors on garde ça, et on s'épuise en silence.

Une précision qui compte : ce que vous ressentez n'est pas un défaut d'amour. C'est un manque de sommeil, de répit et de relais. Ce sont trois problèmes concrets, et ils ont des solutions concrètes — c'est aussi de cela que parle la charge mentale.

Ce qui se passe pendant une crise

Une crise de colère n'est pas un bloc. Des chercheurs ont analysé des centaines de récits détaillés de crises et y ont trouvé une structure régulière : deux mouvements distincts, qui se chevauchent.

La colère monte très vite et culmine presque tout de suite, au tout début. Puis elle redescend d'elle-même, sans que vous ayez rien fait.

Le chagrin, lui, monte lentement — les pleurs, le besoin d'être consolé — et il continue de croître pendant que la colère s'éteint.

la durée de la crise intensité La colère Le chagrin le basculement le réconfort devient possible début
L'anatomie d'une crise. La colère est déjà en train de retomber quand vous intervenez — c'est le chagrin qui monte derrière, et c'est lui qui a besoin de vous.

Ce que cette forme change, très concrètement. Au plus fort de la colère, il n'y a rien à obtenir : elle est déjà à son sommet et elle va redescendre sans votre aide. Ce que vous ajoutez à ce moment-là — une question, une explication, une menace — ne l'atteint pas, parce que l'enfant n'est pas disponible pour l'entendre.

En revanche, quand les pleurs remplacent les cris, quelque chose s'ouvre. Ce n'est plus de la colère, c'est du chagrin — et le chagrin, ça se console. C'est le moment où vos bras servent enfin à quelque chose.

Et une donnée qui surprend tous les parents : c'est court. Dans la même étude, la durée la plus fréquente était de trente secondes à une minute, et les trois quarts des crises duraient moins de cinq minutes. Elles paraissent bien plus longues de l'extérieur — surtout quand on est regardé.

Comment réagir sur le moment

Six gestes, dans cet ordre. Aucun ne demande d'être calme, ce qui tombe bien.

1. N'ajoutez rien pendant le pic. Pas de question, pas d'explication, pas de négociation, pas de décompte jusqu'à trois. Non par principe éducatif : parce que ça ne peut pas être reçu. Vous parlez à quelqu'un qui n'entend pas encore.

2. Restez là, et faites-le savoir sans discours. Asseyez-vous à côté, à sa hauteur, sans le forcer à être touché. Beaucoup d'enfants repoussent les bras pendant la colère et les cherchent trente secondes plus tard. Les deux sont normaux, et souvent le même enfant.

3. Mettez en sécurité, pas au coin. S'il se cogne, s'il jette, s'il mord : on écarte, on protège, on tient éventuellement les bras avec douceur. Ce n'est pas une punition, c'est une barrière physique le temps que ça passe.

4. Attendez le basculement. C'est le geste central de cette page. Quand le ton change et que les cris deviennent des pleurs, c'est là que vous entrez. Pas avant.

5. Mettez les mots après, jamais pendant. « Tu étais très en colère parce que tu voulais le faire tout seul. » Une phrase courte, une fois calmé. C'est ainsi qu'un enfant apprend à nommer ce qui le traverse, et c'est exactement ce que fait notre décodeur d'émotion de l'enfant, si vous séchez sur le mot juste.

6. Ne revenez pas sur la règle. Accueillir l'émotion n'est pas céder sur la demande. Le yaourt reste non : c'est le chagrin d'avoir entendu non qui est accueilli. Cette distinction est tout l'enjeu de l'éducation positive, qu'on confond souvent avec l'absence de cadre.

Et en amont, deux choses réduisent réellement le nombre de crises : prévenir les transitions — « encore deux tours de toboggan, et on rentre » — et offrir des choix minuscules — le pull bleu ou le rouge, la brosse à dents avant ou après le pyjama. Un enfant qui décide de trois choses par jour a beaucoup moins besoin de se battre sur la quatrième.

Trois moments concentrent l'essentiel des crises. Chacun a sa parade, et elle se prépare avant, pas pendant.

Le magasin. Tout y est conçu pour donner envie, disposé à hauteur d'enfant, et rien n'est à lui. Annoncez avant d'entrer ce qui va se passer et ce qu'il aura le droit de choisir — une chose, décidée par lui. Et si la crise éclate quand même, sortez du rayon plutôt que de tenir bon devant témoins. Vous n'avez rien à démontrer aux gens qui regardent, et l'enfant se calme toujours plus vite au calme.

L'habillage. C'est le terrain préféré du « tout seul », donc celui où l'écart entre vouloir et pouvoir est le plus criant. Prévoyez dix minutes de plus plutôt que de reprendre le geste à sa place. Le temps que vous perdez là, vous ne le passez pas à consoler ensuite.

Le coucher. La fatigue abaisse tout ce qui permet de se retenir, chez l'enfant comme chez vous — c'est pour ça que les pires crises tombent au pire moment. Un rituel court et rigoureusement identique fait plus que n'importe quelle négociation : quand l'enfant sait exactement ce qui vient, il n'a rien à contester.

Enfin, si vous êtes deux, mettez-vous d'accord hors des crises. Rien n'épuise autant qu'un parent qui tient et l'autre qui cède, chacun compensant l'autre. L'enfant, lui, cherche simplement où est la limite : elle doit être au même endroit selon qui la pose.

Ce qui n'aide pas

Six réflexes très naturels, et qui prolongent presque toujours.

Raisonner pendant. « Tu comprends bien qu'on ne peut pas. » Non, justement, pas à cet instant. Vous vous épuisez à convaincre quelqu'un dont la partie qui comprend est momentanément hors service.

Céder pour que ça s'arrête. C'est le pire des deux mondes : l'enfant a vécu la crise entière et il a appris qu'elle finit par marcher. Si vous devez changer d'avis, faites-le avant la crise ou bien après, jamais pendant.

Punir la crise elle-même. On peut poser une limite sur un acte — taper, jeter. Punir le fait d'être débordé revient à sanctionner quelque chose qui n'est pas encore sous contrôle.

Le chantage affectif. « Maman est triste. » « Je ne t'aime plus quand tu fais ça. » Ça fonctionne à court terme, et ça apprend qu'une émotion met l'amour en danger. C'est cher payé pour trois minutes de calme.

Crier. Ça arrivera. Ce qui compte n'est pas de ne jamais craquer, c'est ce que vous en faites ensuite : revenir, dire simplement « j'ai crié, j'étais à bout, ce n'est pas de ta faute ». Réparer devant un enfant lui apprend plus que ne jamais faillir. Si la colère vous échappe souvent, elle a sa propre mécanique : gérer sa colère.

Expliquer plus fort. Quand la phrase ne passe pas, on la répète en montant le volume, comme si le problème était l'audition. La même consigne dite trois fois plus fort ne devient pas plus claire : elle devient plus effrayante, et elle ajoute votre agitation à la sienne.

Menacer de partir. « Bon, je m'en vais. » C'est efficace, et c'est efficace parce que ça touche exactement la peur qu'un enfant de deux ans ne sait pas encore relativiser. Le calme obtenu est celui de l'inquiétude, pas celui de l'apaisement.

Et comparer. À l'enfant de votre sœur, à celui de la crèche, à vous au même âge. Les tempéraments varient énormément d'un enfant à l'autre : certains bébés sont déjà plus réactifs à quelques mois, bien avant que la moindre éducation entre en jeu. Cette variation ne dit rien de ce que vous faites.

Quand s'inquiéter vraiment

Les crises sont normales — la question est de savoir où passe la limite. La recherche a cherché à la tracer, et elle tient en trois mots : une crise ordinaire est compréhensible, brève et non destructrice. Ce qui mérite un avis est imprévisible, prolongé ou destructeur.

Concrètement, parlez-en à votre médecin ou à votre pédiatre si :

Les crises sont quotidiennes. C'est le repère le plus simple. Dans l'étude sur 1 490 enfants, si 83,7 % faisaient des crises, seuls 8,6 % en faisaient tous les jours. La fréquence quotidienne ne veut pas dire qu'il y a un problème — elle veut dire que ça vaut une conversation.

Elles surviennent sans déclencheur identifiable. Une frustration ordinaire, un non, une fin de jeu : c'est attendu. Des crises qui éclatent sans qu'on voie pourquoi, régulièrement, méritent d'être regardées.

L'enfant se fait mal ou fait mal. Se cogner volontairement la tête, se mordre, blesser les autres de façon répétée.

Elles ne s'apaisent jamais seules, ou durent très longtemps sans jamais basculer vers les pleurs.

Elles persistent bien après quatre ans, au moment où la fréquence chute nettement chez les autres enfants.

Et consulter ne veut pas dire chercher un trouble. C'est la crainte qui arrête le plus de parents, alors qu'un rendez-vous sert le plus souvent à l'inverse : entendre que ce qu'on vit est habituel, et repartir avec deux repères concrets au lieu de vingt lectures contradictoires. Et dans les cas où quelque chose demande à être suivi, le regarder tôt rend les choses plus simples, pas plus graves.

Vous pouvez aussi préparer ce rendez-vous très simplement : notez pendant une semaine à quelle heure les crises arrivent, ce qui les précède et combien de temps elles durent. Cinq lignes sur un carnet valent mieux qu'un long récit, et elles font souvent apparaître un rythme que personne n'avait vu — la faim, la fin de la sieste, le retour de la crèche.

Et il y a un dernier cas, dont on parle trop peu : quand c'est vous qui n'en pouvez plus. Si vous avez peur de vos propres réactions, si vous vous sentez au bout, ce n'est pas un signe que vous êtes un mauvais parent. C'est un signal d'épuisement, et il se traite — comme n'importe quel épuisement installé.

S'il ne fallait retenir qu'une chose : votre enfant ne vous teste pas, il se découvre. Et ce qu'il fait de plus difficile avec vous, il le fait parce que vous êtes l'endroit où c'est permis.

Où en parler

Votre médecin traitant ou votre pédiatre est le premier interlocuteur pour tout ce qui concerne le développement de l'enfant. La PMI et l'équipe de la crèche ou de l'école voient beaucoup d'enfants et savent situer ce qui est habituel.

Et si vous êtes à bout : le 119 n'est pas seulement un numéro de signalement. C'est aussi une ligne d'écoute pour les parents en difficulté, gratuite et anonyme, joignable 24 h/24. Appeler quand on sent qu'on va déborder est un geste de protection, pas un aveu.

Cet article relève du mieux-être, non du soin. Si un mal-être pèse durablement, parlez-en à votre médecin. En cas de détresse, le 3114 est joignable gratuitement, 24 h/24.

Ce guide a une vocation d'information et de mieux-être. Il ne constitue ni un diagnostic, ni un traitement, ni un avis médical, et ne remplace pas l'accompagnement d'un professionnel de santé.

Sources

(1) Potegal, M., Kosorok, M. R. et Davidson, R. J., Journal of Developmental and Behavioral Pediatrics, 2003 — analyse de récits parentaux détaillés portant sur 335 enfants de 18 à 60 mois : durée la plus fréquente de 30 secondes à 1 minute, 75 % des crises sous 5 minutes ; structure en deux processus, la colère culminant au début puis déclinant, le chagrin et la recherche de réconfort augmentant progressivement ; prévalence de 87 % à 18-24 mois, 91 % à 30-36 mois, 59 % à 42-48 mois. Données déclaratives, recueillies auprès des parents. · (2) Wakschlag, L. S. et coll., Journal of Child Psychology and Psychiatry, 2012 — 1 490 enfants d'âge préscolaire : 83,7 % font des crises occasionnelles, 8,6 % des crises quotidiennes ; les manifestations préoccupantes se distinguent par leur caractère imprévisible, prolongé ou destructeur.

Sources reformulées et attribuées ; contenu non médical.

Questions fréquentes

On vous répond simplement.

C'est quoi le terrible two ?

C'est la période où un tout-petit se met à dire non, à s'opposer et à faire des crises, parce qu'il vient de comprendre qu'il est une personne distincte avec ses envies propres. Ce n'est ni un diagnostic ni un trouble : l'expression n'existe dans aucun manuel médical. Près de 84 % des enfants d'âge préscolaire font des crises.

À quel âge commence le terrible two ?

Autour de dix-huit mois, mais le nom est trompeur. Dans une étude portant sur 335 enfants, les crises concernaient 87 % des dix-huit à vingt-quatre mois, puis 91 % des trente à trente-six mois. Le sommet est donc plutôt vers trois ans que vers deux, avant une chute nette à 59 % entre quarante-deux et quarante-huit mois.

Combien de temps dure une crise ?

Beaucoup moins longtemps qu'il n'y paraît. La durée la plus fréquemment observée est de trente secondes à une minute, et les trois quarts des crises durent moins de cinq minutes. Elles semblent interminables de l'extérieur, surtout en public, mais l'horloge dit autre chose.

Que faire pendant une crise de colère ?

Rien, pendant le pic. La colère culmine tout de suite puis redescend seule : une question ou une explication à ce moment-là ne peut pas être reçue. Restez à côté, mettez en sécurité, et attendez que les cris deviennent des pleurs. C'est à ce basculement que le réconfort devient possible, et que vos bras servent à quelque chose.

Faut-il punir un enfant qui fait une crise ?

On peut poser une limite sur un acte — taper, jeter, mordre. Mais punir le fait d'être débordé revient à sanctionner quelque chose qui n'est pas encore sous contrôle à cet âge. Céder pendant la crise est tout aussi contre-productif : l'enfant l'aura vécue entièrement et aura appris qu'elle finit par marcher.

Mon enfant me manipule-t-il avec ses crises ?

Non. Manipuler suppose d'anticiper l'effet d'un comportement sur ce que ressent quelqu'un d'autre, une capacité qui n'est pas encore installée à cet âge. Ce que vous voyez n'est pas une stratégie mais un débordement, chez un enfant dont les freins émotionnels sont encore en construction.

Quand faut-il s'inquiéter des colères de son enfant ?

Une crise ordinaire est compréhensible, brève et non destructrice. Parlez-en à votre médecin si les crises sont quotidiennes — seuls 8,6 % des enfants sont dans ce cas —, si elles surviennent sans déclencheur identifiable, si l'enfant se fait mal ou fait mal, ou si elles persistent bien après quatre ans.

Allison Vasseur, praticienne en thérapie brève et fondatrice d'AIO
Écrit par

Allison — fondatrice d'AIO

Praticienne en thérapie brève, hypnose ericksonienne, PNL et communication bienveillante, j'accompagne vers plus d'apaisement et de clarté. J'écris La Revue pour rendre ces outils de mieux-être simples, sûrs et accessibles à toutes et tous.