Le VAKOG : quels sont vos sens dominants ?
Ce que veulent dire ces cinq lettres, pourquoi ça vaut la peine de repérer vos sens les plus vifs — et comment vous y prendre, en observant quatre choses très simples.

VAKOG désigne les cinq sens : Visuel, Auditif, Kinesthésique, Olfactif, Gustatif. Nous les utilisons tous — mais pas dans les mêmes proportions. Repérer ceux qui sont les plus vifs chez vous change des choses très concrètes : ce qui vous apaise, ce qui vous épuise, et la façon dont vous vous faites comprendre.
- Une expérience de dix secondes suffit à commencer.
- Quatre endroits où l'observer : vos mots, vos souvenirs, ce qui vous vide, ce qui vous calme.
- Quatre usages concrets, dès aujourd'hui.
- C'est une tendance, pas une case définitive.
Prenez dix secondes. Fermez les yeux et pensez à la mer.
Qu'est-ce qui vous est venu en premier ? L'image — le bleu, la lumière, l'horizon ? Le son des vagues ? L'odeur du sel ? La sensation du sable sous vos pieds, ou du vent sur la peau ?
Ce qui est arrivé en tête de liste vous renseigne. Nous mobilisons tous nos cinq sens, mais pas dans les mêmes proportions. Cette petite différence explique bien des choses au quotidien : ce qui vous apaise, ce qui vous épuise, la façon dont vous vous faites comprendre. C'est exactement ce que désigne le VAKOG, ces cinq lettres que vous avez peut-être déjà croisées sans savoir ce qu'elles recouvraient.
Le VAKOG, c'est quoi ?
C'est un raccourci pour les cinq sens, envisagés non pas comme des façons de percevoir le monde extérieur, mais comme les portes par lesquelles vous vous représentez les choses à l'intérieur.
V comme visuel — les images, les couleurs, ce que vous voyez ou vous figurez.
A comme auditif — les sons, les voix, les mots, la musique.
K comme kinesthésique — le toucher, les sensations du corps, la température, le mouvement.
O comme olfactif — les odeurs.
G comme gustatif — les goûts.
Le terme vient de la PNL, mais l'idée qu'il recouvre est bien plus ancienne, et parfaitement observable : quand vous vous souvenez de votre cuisine, vous ne récitez pas une définition. Quelque chose apparaît — une image, un bruit, une odeur. Cette faculté porte un nom, l'imagerie mentale, et une chercheuse du CNRS la définit simplement : c'est ce qui nous permet de nous figurer « des scènes et des personnes qui ne sont pas là ».
Les deux derniers sens, l'odorat et le goût, sont plus rarement mobilisés dans nos descriptions courantes. Ils sont pourtant redoutablement efficaces sur la mémoire — une odeur ramène un souvenir entier, d'un coup, là où une photo n'y parvient pas.
Pourquoi ça vaut la peine de les repérer
La question mérite d'être posée, parce que beaucoup d'articles s'arrêtent à la définition. Trois raisons très concrètes.
Vous saurez ce qui vous apaise réellement. Beaucoup de gens cherchent le calme là où il ne se trouve pas, pour eux. Si vos sens dominants sont sonores, une musique fera plus qu'un beau paysage. S'ils sont corporels, une douche chaude ou une marche feront plus qu'une image mentale. Ce n'est pas anecdotique : le contenu de ce que vous vous représentez agit sur votre état. Une étude l'a montré en demandant à des étudiants, après une épreuve stressante, de visualiser des scènes de nature ou de ville — le stress redescendait nettement plus vite chez ceux qui avaient imaginé la nature, mesures physiologiques à l'appui.
Vous comprendrez certains malentendus. Quand quelqu'un vous dit « je ne vois pas où tu veux en venir » et que vous répondez « mais je le sens comme ça », vous ne parlez pas la même langue. Ce n'est pas de la mauvaise volonté de part et d'autre : vous décrivez la même chose par deux portes différentes.
Vous retiendrez mieux. Une information que vous lisez, dites à voix haute et écrivez à la main s'installe mieux qu'une information seulement lue — parce que vous lui avez ouvert trois entrées au lieu d'une.
Comment repérer les vôtres
Pas besoin de questionnaire pour commencer : le VAKOG s'observe très bien tout seul. Quatre endroits où le repérer, dans votre vie ordinaire.
1. Vos mots. C'est le plus révélateur, et vous l'entendrez dès aujourd'hui si vous y prêtez attention. Dites-vous plutôt « je vois ce que tu veux dire », « c'est clair », « j'ai une vision de… » ? Ou « ça me parle », « écoute », « ça sonne juste » ? Ou encore « je le sens mal », « ça me touche », « j'ai du mal à saisir » ? Écoutez-vous pendant une journée, c'est frappant.
2. Vos souvenirs. Repensez à un moment heureux — des vacances, une fête, une rencontre. Qu'est-ce qui remonte en premier ? Une image nette, une voix, une musique, une odeur, une sensation de chaleur ? Recommencez avec deux ou trois souvenirs différents et regardez ce qui revient.
3. Ce qui vous vide. Vos sens dominants sont aussi ceux par lesquels vous saturez le plus vite. Qu'est-ce qui vous épuise dans un lieu bondé : le bruit, la lumière, la foule qui vous frôle, les odeurs ? La réponse n'est pas la même pour tout le monde — et elle en dit long.
4. Ce qui vous calme. Le pendant du précédent. Après une journée difficile, qu'est-ce qui vous fait du bien : un bain chaud, une musique, marcher dehors, une tisane, regarder par la fenêtre ? Vous avez sans doute déjà la réponse — vous ne l'aviez simplement jamais reliée à vos sens.
Si vous voulez un repère plus précis, notre test des canaux sensoriels vous donne une répartition en quelques questions. Il complète cette observation ; il ne la remplace pas.
Vous avez déjà la réponse. Vous ne l'aviez simplement jamais reliée à vos sens.
Ce que vous pouvez en faire
Une fois vos sens dominants repérés, le VAKOG devient utilisable. Quatre usages, du plus simple au plus fin.
1. Raviver un souvenir agréable. Choisissez un bon moment. Au lieu de vous le raconter, reprenez-le par trois sens au minimum : qu'est-ce que vous voyiez ? Qu'est-ce que vous entendiez ? Qu'est-ce que vous sentiez — la température, un contact, une odeur ? La différence d'intensité est immédiate. C'est le même souvenir, et il ne fait pas du tout le même effet.
2. Vous construire un endroit où revenir. Prenez un lieu où vous vous sentez bien, réel ou inventé. Installez-le en détail, en commençant par votre sens dominant puis en ajoutant les autres : la lumière, les sons, ce que vous avez sous les pieds, la température de l'air. Une fois construit, vous pouvez y revenir en trente secondes — dans une salle d'attente, avant un rendez-vous difficile. C'est aussi le principe de notre exercice d'ancrage 5-4-3-2-1, qui passe entièrement par les sens.
3. Reprendre les mots de l'autre. Quand quelqu'un vous dit « je me sens lourd en ce moment », ne traduisez pas dans votre vocabulaire. Reprenez son mot — lourd. Ce n'est pas une technique de communication : c'est de l'attention, et l'effet sur la qualité de l'échange est net. C'est ce qui donne leur force aux descriptions employées en séance, notamment en hypnose ericksonienne.
4. Mobiliser plusieurs portes pour retenir. Contre-intuitif, mais c'est ce qui marche le mieux : ne vous limitez pas à votre sens dominant. Lisez, dites à voix haute, écrivez à la main. Trois entrées valent mieux qu'une seule, même excellente.
En séance, je prends toujours le temps de repérer par où ça passe chez la personne. Ce n'est pas de la curiosité : c'est ce qui permet de comprendre pourquoi certains mots la touchent plus que d'autres, pourquoi telle situation la vide alors qu'elle laisse quelqu'un d'autre indifférent. Une remarque dite sur un certain ton, une pièce trop bruyante, une ambiance captée avant tout le monde — ça n'a rien d'un hasard. Et quand on comprend d'où ça vient, on peut rééquilibrer : s'appuyer sur ce qui apaise vraiment cette personne-là, et alléger ce qui la sature. C'est souvent à ce moment que les choses commencent à bouger.
Une tendance, pas une étiquette
Un dernier point, important pour ne pas vous enfermer.
Ce que vous venez de repérer est une tendance, observée à un moment donné. Elle varie selon le contexte, la fatigue, le sujet — et vous utilisez les cinq sens en permanence, quoi qu'il arrive. Il n'existe pas de case définitive : une revue des travaux disponibles, menée en 2008 par l'équipe de Harold Pashler, n'a trouvé aucune preuve solide qu'apprendre « dans son canal » améliorerait les résultats. Ce qui compte pour retenir dépend surtout du contenu : une carte se retient en images, un poème par le son, un geste en le faisant.
La nuance est simple mais elle change tout : « j'aime bien manipuler pour comprendre » laisse une porte ouverte que « je suis kinesthésique » referme. Passer d'une observation à une identité, c'est le mécanisme même des croyances limitantes.
Alors servez-vous de ce que vous avez repéré — c'est utile, et vous l'avez vérifié vous-même. Mais gardez-le pour ce que c'est : un repère, pas un verdict. Cette manière de faire le tri entre ce qui aide et ce qui enferme est au cœur de notre approche : la PNL, c'est quoi.
Le VAKOG n'est ni un test de personnalité, ni un outil de diagnostic. Un accompagnement — psychologue, thérapeute ou professionnel de l'accompagnement — est utile lorsque :
- vous cherchez à comprendre des difficultés d'apprentissage persistantes, chez vous ou chez votre enfant : cela relève d'un bilan, pas d'un test en ligne ;
- des souvenirs sensoriels reviennent de façon envahissante et vous mettent en difficulté ;
- un mal-être s'installe et ne cède pas avec le temps.
Cet article relève du mieux-être, non du soin. Si un mal-être pèse durablement, parlez-en à votre médecin. En cas de détresse, le 3114 est joignable gratuitement, 24 h/24.
Ce guide a une vocation d'information et de mieux-être. Il ne constitue ni un diagnostic, ni un traitement, ni un avis médical, et ne remplace pas l'accompagnement d'un professionnel de santé.
Cerveau & Psycho n°189 — l'imagerie mentale, cette faculté de se représenter des scènes et des personnes absentes. · Cerveau & Psycho n°177 — étude sur cinquante étudiants : après une épreuve stressante, la visualisation de scènes de nature fait baisser le stress plus vite que celle de scènes urbaines, mesures physiologiques à l'appui. · Pashler, H., McDaniel, M., Rohrer, D. & Bjork, R. (2008), « Learning Styles: Concepts and Evidence », Psychological Science in the Public Interest — absence de base de preuves suffisante pour l'idée d'adapter l'enseignement au canal sensoriel préféré. Reformulé, attribué, non médical.
On vous répond simplement.
Que signifie VAKOG ?
C'est un raccourci pour les cinq sens : Visuel, Auditif, Kinesthésique (le toucher et les sensations du corps), Olfactif et Gustatif. Le terme vient de la PNL, et il désigne les portes par lesquelles vous vous représentez les choses à l'intérieur — pas seulement la façon dont vous percevez le monde extérieur.
Comment savoir quels sont mes sens dominants ?
Quatre endroits où l'observer, sans questionnaire. Vos mots : dites-vous plutôt « je vois ce que tu veux dire », « ça me parle » ou « je le sens mal » ? Vos souvenirs : qu'est-ce qui remonte en premier d'un moment heureux ? Ce qui vous vide dans un lieu bondé : le bruit, la lumière, la foule ? Et ce qui vous calme après une journée difficile.
À quoi ça sert de les connaître ?
À trois choses concrètes. Savoir ce qui vous apaise réellement — une musique ne fait pas le même effet qu'un paysage selon les personnes. Comprendre certains malentendus, quand l'un dit « je ne vois pas » et l'autre « je le sens ». Et mieux retenir, en faisant passer une information par plusieurs portes plutôt qu'une seule.
Est-ce qu'on a un sens dominant pour toujours ?
Non, et c'est important. Ce que vous repérez est une tendance, observée à un moment donné : elle varie selon le contexte, la fatigue, le sujet. Vous utilisez les cinq sens en permanence. « J'aime bien manipuler pour comprendre » laisse une porte ouverte que « je suis kinesthésique » referme.
Faut-il apprendre selon son sens dominant ?
Non, et c'est le point le mieux documenté. Une revue des travaux disponibles menée en 2008 par l'équipe de Harold Pashler n'a trouvé aucune preuve solide qu'apprendre « dans son canal » améliorerait les résultats. Ce qui compte dépend surtout du contenu : une carte se retient en images, un poème par le son, un geste en le faisant.
Comment m'en servir concrètement ?
Quatre usages. Raviver un souvenir agréable en le reprenant par trois sens au minimum. Vous construire un lieu apaisant en détail, où revenir en trente secondes. Reprendre les mots de l'autre plutôt que de les traduire dans les vôtres. Et mobiliser plusieurs portes pour retenir : lire, dire à voix haute, écrire à la main.

Allison — fondatrice d'AIO
Praticienne en thérapie brève, hypnose ericksonienne, PNL et communication bienveillante, j'accompagne vers plus d'apaisement et de clarté. J'écris La Revue pour rendre ces outils de mieux-être simples, sûrs et accessibles à toutes et tous.