Les étapes du deuil, et le temps que ça prend vraiment.
Les cinq phases du deuil, d'où elles viennent et ce qu'on a appris depuis — pour arrêter de se demander si l'on est en retard sur un programme.

Les cinq étapes du deuil existent bien, et elles disent des choses justes. Mais elles ne se suivent pas dans l'ordre, et personne n'est obligé de passer par toutes.
- Le modèle décrivait des personnes en fin de vie, pas des personnes en deuil.
- L'émotion la plus présente dans le deuil n'est pas la tristesse : c'est le manque.
- Aucune durée n'est normale : les vagues s'espacent, elles ne faiblissent pas.
- Et la majorité des gens tiennent debout — ce n'est ni du déni ni de l'indifférence.
Vous cherchez les étapes du deuil, sans doute pour savoir où vous en êtes. Ou combien de temps ça va durer encore.
Il existe bien un modèle en cinq étapes. Il est connu dans le monde entier, vous allez le trouver partout, et nous allons le décrire.
Mais il faut savoir d'où il vient, et ce qu'on a appris depuis. Parce que beaucoup de gens s'inquiètent de ne pas ressentir ce que ce modèle annonce — alors qu'ils vont bien.
Le deuil, c'est quoi
Le deuil, c'est ce qui se passe en vous après avoir perdu quelqu'un, ou quelque chose qui comptait. Pas seulement la tristesse : tout ce qui doit se réorganiser après.
Deux mots qu'on mélange souvent méritent d'être distingués. Le chagrin, c'est ce que vous ressentez. Le deuil, c'est le chemin qui va de la perte jusqu'au moment où la vie reprend une forme habitable — sans que la personne cesse de vous manquer.
L'expression « faire son deuil » est d'ailleurs trompeuse. Elle laisse croire à une tâche, quelque chose qu'on accomplirait et qu'on pourrait cocher. Ça ne fonctionne pas ainsi. On ne fait pas son deuil comme on fait ses comptes.
Une précision, enfin, qui compte : le deuil n'est pas une maladie. C'est une réaction normale à une perte réelle. Ce que vous traversez n'a pas besoin d'être soigné parce que ça fait mal. Il existe des situations où l'aide devient nécessaire, et nous y venons à la fin — mais la douleur, en elle-même, n'est pas un symptôme.
Le deuil fait partie des passages qui redessinent une vie sans qu'on les ait choisis. Notre pilier rassemble ces basculements, subis ou décidés : changer de vie, par où commencer.
Les cinq étapes du deuil
Le modèle vient d'une psychiatre suisse, Élisabeth Kübler-Ross, et d'un livre paru en 1969. Elle y décrit cinq états observés au fil de longs entretiens avec des personnes hospitalisées en fin de vie.
Retenez ce détail, nous y reviendrons : elle observait des gens qui allaient mourir, pas des gens qui venaient de perdre quelqu'un.
Voici les cinq, tels qu'on les présente habituellement.
1. Le déni. On sait, et en même temps on ne le croit pas. C'est le moment où l'on décroche son téléphone pour l'appeler avant de se souvenir. Ce n'est pas du refus : c'est le temps qu'il faut à l'esprit pour encaisser une information qui ne rentre pas.
2. La colère. Contre l'hôpital, contre un médecin, contre soi — et contre la personne partie, ce qui est le plus difficile à s'avouer. Beaucoup de gens sont surpris de la ressentir, et se croient monstrueux. Elle est pourtant banale dans le deuil, et elle a sa mécanique : nous la détaillons dans gérer sa colère.
3. Le marchandage. Ce sont les « si seulement ». Si seulement j'avais insisté pour ce rendez-vous. Si seulement j'étais passé ce dimanche-là. On refait le scénario en cherchant l'endroit où l'on aurait pu changer la fin.
4. La dépression. Le mot est mal choisi et il inquiète beaucoup. Il ne s'agit pas d'une dépression au sens médical, mais du moment où l'ampleur de la perte se dépose et où l'énergie tombe.
5. L'acceptation. La plus mal comprise des cinq. Accepter ne veut dire ni trouver ça bien, ni être d'accord, ni avoir tourné la page. Ça veut dire que le réel a fini par entrer.
Et la courbe du deuil ? C'est la mise en dessin de ces cinq étapes : une ligne qui descend, touche le fond, puis remonte. Elle n'est issue d'aucune mesure — c'est une illustration. Elle a d'ailleurs surtout prospéré dans le monde de l'entreprise, où on l'utilise pour accompagner les réorganisations. Ce qui en dit long sur sa souplesse, et assez peu sur sa solidité.
Les phases du deuil ne suffisent pas
Trois choses à savoir. Elles soulagent, presque toujours.
Le modèle ne portait pas sur le deuil. Kübler-Ross décrivait des personnes confrontées à leur propre mort. Le glissement vers les endeuillés s'est fait ensuite, sans qu'on le vérifie. Elle-même n'y voyait pas un ordre obligatoire.
Quand on a fini par le mettre à l'épreuve, ça n'a pas collé. Une équipe américaine a suivi des personnes veuves pendant deux ans et publié ses résultats dans le JAMA en 2007. Le constat est net. L'acceptation est l'état le plus présent dès le premier mois — pas au bout du chemin. Et l'émotion négative dominante n'est pas la tristesse : c'est le manque, du premier au vingt-quatrième mois.
Les chercheurs ont bien retrouvé un ordre dans les pics : l'incrédulité au premier mois, le manque vers le quatrième, la colère vers le cinquième, la tristesse vers le sixième. Mais aucune de ces émotions ne prenait toute la place. Elles coexistaient.
Et la plupart des gens tiennent debout. Une autre étude a suivi 205 personnes avant puis après le décès de leur conjoint. 46 % sont restées globalement stables, du début à la fin, sans effondrement. C'était la trajectoire la plus fréquente, loin devant les autres.
Ce n'est ni du déni ni de l'indifférence. C'est simplement ce que fait la majorité des gens. Et ça mérite d'être dit, parce que beaucoup de personnes s'inquiètent d'aller « trop bien » et se demandent si elles aimaient assez.
Ce que ça change pour vous. Cessez de chercher à quelle étape vous en êtes. La question n'a pas de réponse, et elle ajoute de l'inquiétude à ce que vous traversez déjà. Vous n'êtes pas en retard sur un programme.
Combien de temps dure un deuil
C'est la question qu'on pose le plus, et la réponse honnête ne satisfait personne : il n'existe pas de durée normale.
Il existe en revanche des repères sur la façon dont ça évolue.
Ce ne sont pas les vagues qui faiblissent, c'est leur fréquence. Au début, c'est permanent. Puis viennent des heures de répit, puis des journées. Les vagues gardent longtemps leur force — c'est l'espace entre elles qui grandit. Beaucoup de gens s'affolent de la violence d'une vague au bout de deux ans, en croyant repartir de zéro. Ils ne repartent pas de zéro. Ils traversent une vague de plus, dans une mer qui s'est calmée.
Les dates comptent. Les anniversaires, les fêtes, une saison, un endroit. Le retour de la douleur à ces moments-là n'est pas une rechute. C'est prévisible — et le savoir permet de l'aménager plutôt que de le subir.
Parfois, ça commence avant. Quand une maladie longue annonce la fin, le deuil démarre pendant : c'est le deuil anticipé. Contrairement à ce qu'on croit, il n'écourte pas ce qui suivra. Mais il explique une fatigue et une culpabilité particulières, celle d'avoir déjà pleuré quelqu'un qui est encore là. Si ce sentiment vous poursuit, notre article sur la culpabilité en démonte le ressort.
Et les seuils dont vous entendrez parler ? Les classifications internationales en fixent deux — six mois pour l'une, douze pour l'autre — au-delà desquels un deuil qui reste envahissant justifie d'être accompagné. Ce ne sont pas des délais à respecter. Ce sont des seuils d'alerte, et ils ne concernent qu'une minorité de personnes.
Comment faire son deuil
Il n'y a pas de méthode, et méfiez-vous de qui prétend en vendre une. Il y a des choses qui aident, en revanche, et la recherche en a identifié quelques-unes.
1. Alterner, et vous y autoriser. C'est le point le plus utile de cette page. Deux chercheurs néerlandais, Margaret Stroebe et Henk Schut, ont montré en 1999 que le deuil ne se traverse pas d'un seul mouvement. On oscille en permanence entre affronter la perte et revenir à la vie ordinaire. Regarder les photos, puis retourner travailler. Pleurer le matin, rire à midi.
Cette oscillation n'est pas de l'incohérence, et surtout ce n'est pas de la fuite : c'est le mécanisme lui-même. Si vous vous êtes reproché d'avoir passé une bonne soirée, ou d'avoir pensé à autre chose pendant une heure, vous n'avez rien trahi.
2. Garder le lien, plutôt que tourner la page. L'idée qu'il faudrait se détacher vient de loin : Freud parlait dès 1917 d'un travail consistant à retirer son attachement. On sait aujourd'hui que ce n'est ni nécessaire ni souhaitable. Continuer à parler d'elle, garder ses objets, lui écrire, l'inclure dans les conversations de famille — c'est une façon banale et saine de vivre après.
3. Laisser venir les vagues sans les provoquer. Ni les fuir, ni les organiser. Quand ça monte, arrêtez ce que vous faites si c'est possible. Ça dure moins longtemps qu'on ne le redoute.
4. Dire ce dont vous avez besoin. Votre entourage veut aider et ne sait pas comment. « J'ai besoin que tu viennes sans qu'on en parle. » « J'ai besoin qu'on prononce son nom. » Ces phrases-là économisent des mois de malentendus.
5. Protéger le sommeil et le corps. Le deuil désorganise le sommeil chez presque tout le monde, et le manque de sommeil rend tout le reste plus dur. Nos repères pour retrouver le sommeil s'appliquent aussi dans ces moments-là. Manger, sortir, bouger un peu : ce ne sont pas des conseils de magazine, c'est le socle sur lequel tout le reste tient.
6. Ne pas rester seul avec ça. En parler à quelqu'un — un proche, un groupe, un professionnel — n'est ni un aveu de faiblesse ni un recours de dernière minute. Nous précisons plus bas quand et vers qui, parce que la réponse est plus fine qu'on ne le dit d'ordinaire.
Et soyez patient avec vous-même. Beaucoup de gens s'en veulent de mal traverser leur deuil, ce qui ajoute une seconde souffrance à la première : l'autocompassion n'est pas un luxe ici, c'est une nécessité.
Les différents types de deuil
On parle du deuil comme s'il n'y en avait qu'un. Or ce qu'on perd change complètement ce qu'on traverse — et surtout ce que les autres autorisent.
Le deuil d'un proche décédé. C'est le cas de référence, celui que la société reconnaît. Il y a une cérémonie, des congés, des mots convenus, des gens qui viennent. Ce cadre est utile, même quand il pèse.
Le deuil d'un couple. Personne n'est mort, et pourtant la perte est réelle : une personne, un quotidien, une maison, une version de l'avenir. On n'y accorde ni cérémonie ni délai, alors qu'il mobilise les mêmes mécanismes. C'est tout le sujet de notre dossier sur la rupture amoureuse.
Le deuil d'un animal. Le plus minimisé de tous. Beaucoup de gens le vivent intensément sans oser le dire, parce qu'ils redoutent le « ce n'était qu'un chat ». Il s'agissait pourtant d'une présence quotidienne pendant dix ou quinze ans.
Le deuil d'une personne encore vivante. On l'appelle parfois le deuil blanc. La personne est là et elle n'est plus vraiment là : c'est la situation des proches touchés par une maladie de la mémoire. Ou l'inverse — quelqu'un qui a disparu, ou avec qui le lien s'est rompu, et dont on n'aura pas de nouvelles. Sans fin claire et sans rien à enterrer, le deuil ne peut pas se refermer.
Les deuils qui n'ont pas de statut. Une amitié qui s'éteint. Un métier qu'on a dû arrêter. Un projet auquel on a renoncé. Un pays qu'on a quitté. Le chercheur américain Kenneth Doka a nommé ces pertes en 1989 : les deuils qu'on ne peut ni afficher, ni pleurer publiquement, ni faire reconnaître. Le chagrin est là, mais rien autour ne l'accueille. Cette absence de reconnaissance est une difficulté de plus — pas la preuve que la perte était mineure.
Ce qui n'aide pas
Cinq réflexes très répandus, et qui coûtent cher.
Se comparer à un calendrier. « Ça fait six mois, je devrais aller mieux. » Certains jours, cette phrase fait plus de mal que la perte elle-même.
Vouloir tourner la page. L'expression est partout et elle est fausse. On ne tourne pas la page : on continue le livre avec ce qui s'est passé dedans.
Se noyer dans l'activité. Remplir chaque heure fonctionne un temps. Puis l'épuisement arrive, et tout revient d'un coup, en général au plus mauvais moment.
Ressasser la fin. Repasser en boucle les derniers jours, chercher ce qu'on aurait dû voir. C'est très fréquent et ça n'apporte rien, sinon la certitude d'être coupable de quelque chose : sortir des pensées en boucle demande une autre approche.
L'alcool. Il endort la douleur quelques heures et désorganise la nuit entière. Le lendemain est plus dur que si l'on n'avait rien pris.
Et si vous accompagnez quelqu'un, sachez que la plupart des phrases dites pour aider font mal. « Il est mieux là où il est. » « Tu es forte. » « Il faut avancer. » « Je sais ce que tu vis. » Toutes demandent implicitement d'aller mieux.
Ce qui aide tient à peu de choses. Venir. Prononcer le nom de la personne au lieu de l'éviter. Proposer quelque chose de précis plutôt qu'un « dis-moi si tu as besoin » — apporter un repas jeudi, garder les enfants samedi. Et redemander dans trois mois, quand tout le monde aura cessé de demander. C'est souvent là que c'est le plus dur.
Quand se faire accompagner
Il existe sur ce point un résultat de recherche qu'il faut connaître, parce qu'il va à l'encontre de ce qu'on entend partout.
Une grande revue publiée en 2008 a rassemblé 61 études contrôlées sur l'accompagnement des personnes endeuillées. Sa conclusion : proposé systématiquement à tous les endeuillés, l'accompagnement n'apporte presque rien. Non parce qu'il serait inutile, mais parce que la majorité des gens vont mieux d'eux-mêmes, avec le temps et leurs proches.
Le même travail montre autre chose. Quand l'accompagnement s'adresse à des personnes réellement en difficulté, ses résultats sont comparables à ceux des psychothérapies pour n'importe quel autre motif. Autrement dit : il fonctionne, pour qui en a besoin.
La conclusion pratique tient en une phrase. On ne se fait pas accompagner parce qu'on a perdu quelqu'un. On se fait accompagner quand ça ne bouge plus.
Reste à savoir vers qui, car les options ne se valent pas et ne servent pas la même chose.
Votre médecin traitant est le premier interlocuteur, surtout si le sommeil, l'appétit ou le moral sont durablement touchés. C'est aussi lui qui oriente.
Un psychologue ou un psychiatre, quand la souffrance est installée et retentit sur votre vie quotidienne.
Les groupes de parole et les associations d'endeuillés, quand ce qui manque, c'est d'être avec des gens qui savent de quoi vous parlez sans qu'il faille l'expliquer. Beaucoup y trouvent ce que l'entourage, même plein de bonne volonté, ne peut pas donner.
Un accompagnement individuel de mieux-être, quand vous tenez debout mais avez besoin d'un espace pour déposer, remettre de l'ordre et retrouver du mouvement.
Ces démarches ne s'excluent pas. Et s'il ne fallait retenir qu'une chose de cette page : votre deuil n'a pas à ressembler à celui des autres, ni à tenir dans un calendrier. Il a seulement besoin de ne pas être traversé tout seul.
Environ une personne endeuillée sur dix reste durablement empêchée par son deuil. En parler à un professionnel devient utile lorsque, bien au-delà de la première année :
- le manque reste envahissant au point d'occuper la plupart de vos journées ;
- vous avez l'impression qu'une partie de vous s'est arrêtée en même temps ;
- vous ne vous reconnaissez plus, ou vous ne savez plus qui vous êtes sans cette personne ;
- vous évitez tout ce qui pourrait vous la rappeler, ou au contraire ne pouvez rien faire d'autre ;
- le sommeil, l'appétit ou le travail sont durablement touchés.
Cet article relève du mieux-être, non du soin. Si un mal-être pèse durablement, parlez-en à votre médecin. En cas de détresse, le 3114 est joignable gratuitement, 24 h/24.
Ce guide a une vocation d'information et de mieux-être. Il ne constitue ni un diagnostic, ni un traitement, ni un avis médical, et ne remplace pas l'accompagnement d'un professionnel de santé.
(1) Kübler-Ross, E., On Death and Dying, 1969 — cinq états décrits chez des personnes en fin de vie, non chez des endeuillés. · (2) Maciejewski, P. K., Zhang, B., Block, S. D. et Prigerson, H. G., JAMA, 2007 — mise à l'épreuve de la théorie des étapes ; l'acceptation domine dès le premier mois et le manque reste l'émotion négative principale jusqu'au vingt-quatrième. Étude portant sur des décès non violents. · (3) Bonanno, G. A., Wortman, C. B. et coll., Journal of Personality and Social Psychology, 2002 — 205 personnes suivies avant et après le décès du conjoint ; 46 % de trajectoires stables. · (4) Stroebe, M. et Schut, H., Death Studies, 1999 — modèle des deux processus et oscillation. · (5) Currier, J. M., Neimeyer, R. A. et Berman, J. S., Psychological Bulletin, 2008 — 61 études contrôlées ; effet faible en population générale, résultats bien meilleurs auprès des personnes en difficulté marquée. · (6) Lundorff, M. et coll., Journal of Affective Disorders, 2017 — méta-analyse de 14 études, prévalence du deuil prolongé estimée à 9,8 %. · (7) Doka, K., 1989 — deuils non reconnus.
Sources reformulées et attribuées ; contenu non médical.
On vous répond simplement.
Quelles sont les étapes du deuil ?
Le modèle le plus connu en compte cinq : le déni, la colère, le marchandage, la dépression et l'acceptation. Il vient d'Élisabeth Kübler-Ross, en 1969. Ces cinq états existent réellement, mais ils ne se suivent pas dans l'ordre, ils se chevauchent, et personne n'est obligé de passer par tous.
Combien de temps dure un deuil ?
Il n'existe pas de durée normale, et c'est la réponse honnête. Ce qui change avec le temps, ce n'est pas la force des vagues mais leur fréquence : elles gardent longtemps leur intensité, et c'est l'espace entre elles qui grandit. Une vague violente au bout de deux ans n'est donc pas un retour à la case départ.
Faut-il forcément passer par les cinq étapes ?
Non. Kübler-Ross décrivait des personnes en fin de vie, pas des endeuillés, et elle-même n'y voyait pas un ordre obligatoire. Quand la théorie a été testée sur des personnes veuves, l'acceptation s'est révélée l'état le plus présent dès le premier mois, et le manque l'émotion négative dominante — pas la tristesse.
Que veut dire « faire son deuil » ?
L'expression est trompeuse : elle laisse croire à une tâche qu'on accomplirait puis qu'on cocherait. Le deuil est plutôt le chemin qui va de la perte jusqu'au moment où la vie reprend une forme habitable, sans que la personne cesse de vous manquer. Il ne s'agit ni de l'oublier, ni de tourner la page.
Est-ce normal d'aller bien après un décès ?
Oui, et c'est même le cas le plus fréquent. Une étude ayant suivi 205 personnes avant et après le décès de leur conjoint a montré que 46 % restaient globalement stables, sans effondrement. Ce n'est ni du déni ni de l'indifférence, et cela ne dit rien de l'amour que vous portiez à cette personne.
C'est quoi le deuil blanc ?
C'est le deuil d'une personne encore vivante. Elle est présente physiquement mais plus vraiment là — la situation des proches touchés par une maladie de la mémoire. On emploie aussi ce terme quand quelqu'un a disparu ou que le lien s'est rompu. Sans fin claire, le deuil ne peut pas se refermer, ce qui le rend particulièrement éprouvant.
Quand faut-il se faire accompagner ?
Pas parce qu'on a perdu quelqu'un, mais quand ça ne bouge plus. Une revue de 61 études a montré que l'accompagnement proposé à tous les endeuillés change peu de choses, alors qu'il fonctionne très bien pour les personnes réellement en difficulté. Environ une sur dix reste durablement empêchée par son deuil : parlez-en d'abord à votre médecin.

Allison — fondatrice d'AIO
Praticienne en thérapie brève, hypnose ericksonienne, PNL et communication bienveillante, j'accompagne vers plus d'apaisement et de clarté. J'écris La Revue pour rendre ces outils de mieux-être simples, sûrs et accessibles à toutes et tous.